Le POÈME ÉLECTRONIQUE

Varèse composant son Poème Électronique

Cette émission du 28 janvier m’apparaît comme audacieuse tant je suis allé chercher aux sources de la musilectronique: le Poème Électronique (1957-1958) d’Edgar Varèse (1883-1965), interprété par 425 hauts-parleurs dans le pavillon Philips, lors de l’exposition universelle de Bruxelles en 1958, est une pièce d’environ huit minutes où se mettent en place des formes sonores, semblant suivre des vents aléatoires, des mariages entre sons électroniques purs et sons naturels divers, avec des percussions éparpillées, marchant parfois avec les autres voix, dont font partie les voix humaines, suggestives et muettes, comme le reste de l’oeuvre. C’est un paysage qui se remplit de tableaux ou de souvenirs, qui se greffent au rythme des émotions. J’ai d’ailleurs cité Réjean Cyr (1958-, musicien et mélomane madelinot chevronné), en fin d’émission, lui dont je vous proposerai le tryptique « L’Éveil de la MémoireCalme SidéralRecordare » samedi prochain (le 4 fév.) et dont la définition de musique s’apprête bien au Poème Électronique:

« La musique, c’est un ensemble de symboles sonores, exprimant la vie dans ses propres états. »

Le Pavillon Philips, où s’est joué le Poème Électronique, s’apparentant à l’Église de Fatima


Varèse, dont les oeuvres furent un défi constant lancé à la tradition, a montré la voie à tous ceux qui exploitent aujourd’hui le spectre électronique de l’orchestre et a inspiré plus d’un grand nom, comme Frank Zappa (1940-1993), dont le dernier grand projet fut l’album
The Rage And The Fury: The Music Of Edgar Varèse, sorti en 1993. Varèse est le premier à ostensiblement mêler ses recherches scientifiques à ses compositions. Et je porte hommage au poème d’Henri Michaux (1899-1984) que Varèse eût voulu mettre en musique avant sa mort, et à tous ces projets inachevés…:

Dans la nuit

Dans la nuit
Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
À la nuit sans limites
À la nuit.
Mienne, Belle, mienne.
Nuit
Nuit de naissance
Qui m’emplis de mon cri
De mes épis
Toi qui m’envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi.
et tout ploie sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu’un fil
Sous la nuit
La nuit.


Une Réponse to “Le POÈME ÉLECTRONIQUE”

  1. Anonymous Says:

    super plusse yeah. vraiment intéressant.

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